21 août 2007
La rentrée approche
Bonjour à tous !
Les vacances touchent à leur fin et vu la météo, pour ceux de la métropole, elle est plutôt propice à la lecture. Les bibliothèques vont réouvrir, le rythme de la vie va reprendre et je vous propose de nouvelles propositions pour un vote début Septembre.
Vous pouvez également nous faire part de vos lectures de vacances, de vos coup de coeur, si il y en a eu.
En attendant, profitez quand même des quelques semaines qui vous reste !
28 mai 2007
Shalimar le clown
Je viens d'achever la lecture sublime et bouleversante de ce roman de Rushdie.
Je n'avais jamais lu de romans de S.Rushdie avant la lecture choisie de « Lire ensemble » pour les mois d'Avril/Mai. J'en avais entendu parler lors de la sortie des « Versets sataniques » et j'avais suivi avec horreur les ennuis sérieux (c'est un euphémisme) qui l'ont longtemps poursuivi!
La couverture est agréable, faisant penser à un bas-relief de temple hindou. La quatrième de couverture est alléchante et invite à une plongée rapide dans la lecture des aventures incroyables des personnages du roman.
L'auteur invite son lecteur à entrer dans une danse tragi-comique où les pirouettes et pieds-de-nez s'enchaînent et se mêlent au rythme échevelé d'une pièce de théâtre.
Le roman-épopée est divisé en cinq parties: India (la fille de l'ambassadeur Max), Boonyi (qui deviendra la maîtresse de Max), Max (l'ambassadeur), Shalimar (ex mari de Boonyi) et Kashmira (le dénouement du roman!). Il est difficile d'en faire un résumé, en dévoilant le moins possible l'intrigue, car à l'image de nombreux romans indiens, « Shalimar le clown » n'est que foisonnement et richesse. L'écriture de Rushdie est très belle, fluide et recelant des non-dits empreints d'humour.
« Shalimar le clown » est un hymne à la tolérance et à la culture hindoue, cette culture plusieurs fois millénaires qui sut s'approprier les différences de chacun des peuples du sous-continent. Les batailles sanglantes d'autrefois s'étaient endormies, étaient oubliées: les villages hindous et musulmans vivaient en harmonie jusqu'au jour où la déferlante religieuse empoisonna l'atmosphère et damna la région du Cachemire. Les apostrophes linguistiques de Rushdie à l'encontre des politiques aussi désastreuses qu'intolérantes (des deux côtés du Cachemire) sont de vrais bijoux stylistiques: les phrases ironiques sur les acronymes utilisés, à l'envi, par l'administration et le politique, les litanies telles que « on se demande pourquoi » à la suite de chaque énumération: « Il y avait six cent mille soldats indiens au Cachemire mais ils n'empêchaient pas le pogrom des pandits, on se demande pourquoi. Trois lakhs et demi d'êtres humains arrivèrent au Jammu en tant que personnes déplacées et pendant de nombreux mois le gouvernement ne leur offrit ni abri ni soutien ni même n'enregistra leurs noms, on se demande pourquoi... » (p 441, 442 et 443); ou les questions qui se succèdent avec une violence en crescendo: « Qui viola encore cette femme? Qui viola encore une fois cette femme? Qui viola cette femme morte? Qui viola encore une fois cette femme morte? » (p 459 et 460). Grâce à ces divers effets de style, Rushdie met en place une ambiance épique, tragique mais aussi comique ce qui enchante la lectrice que je suis.
Les personnages sont excellement croqués, ils sont dotés d'une vie intérieure foisonnante et très complexe: ils ne sont ni tout à fait blancs ni entièrement noirs, ils ne sont que le produit de leur histoire personnelle et celui de l'Histoire du monde. L'amour liant Boonyi et Shalimar, même s'il est bafoué par Boonyi, est indestructible: même la haine ne l'éteint pas puisque Shalimar ne pourra pas aller jusqu'au bout de son serment d'amour (si Boonyi avait des enfants d'un autre, il la tuerait et tuerait aussi ses enfants): l'a-t-il voulu ou n'a-t-il pas eu le temps de le faire? Se retrouver devant un miroir, reflet de Boonyi lui a-t-il fait prendre conscience qu'il l'aimait au-delà de la haine? J'aime comprendre cela pour la beauté de cette histoire d'amour infiniment tragique!
Shalimar est un clown acrobate qui se déplace en permanence sur le fil invisible de la folie créatrice mais aussi destructrice. Il est un héros au caractère tragiquement entier, sans concession avec le monde: il est le côté obscur de l'âme. Shalimar est un caméléon qui terre son véritable moi et se sauve ainsi, contre toute attente, d'un lavage de cerveau organisé par les talibans de tout poil. Il devient une arme humaine, froide et implacable pour parachever sa vengeance. Mais il rencontre un être qui lui ressemble malgré tout ce qui les sépare...chacun porte au plus profond de lui-même, une part inconsciente de sa culture et cette part s'ouvre souvent au moment où on s'y attend le moins. Shalimar est la culture traditionnelle du Cachemire supplantée par les réalités médiatiques de l'ère moderne: les spectacles de rue ne résistent pas à l'implantation non seulement de la télévision mais surtout à celle de l'intégrisme religieux. Alors pour survivre, il utilise sa douleur pour se fondre dans la masse délirante des extrémistes religieux.
Max Ophuls (tiens donc, référence culturelle quand tu nous tiens!) est un être trouble jusqu'à en être sublime. Un personnage de cinéma noir et blanc, un héros secret et grand seigneur au charme discret d'aristocrate cultivé et lettré. Max est l'Occident cultivé malmené par la folie sanglante des années quarante, tissant une toile d'influence à travers le monde et disséminant des bombes à retardement sans vraiment s'en rendre compte. Max est un héros digne des romans de Conrad (un Lord Jim qui s'ignore), de film noir américain digne d'un Humpfrey Bogart. Un aventurier comme on n'en fait plus, un aventurier épique au parfum épicé. Il est la vie qui sème la mort sans le savoir, il est le bonheur endeuillé, il est l'Inde qui s'occidentalise sans vouloir perdre son âme.
India, elle, est cette Inde qui s'ignore, cette Inde métissée qui peu à peu retrouvera ses racines, ses vérités en devenant Kashmira, prénom qui lui fut soufflé par sa mère biologique, prénom qui vivait, lové en elle et qui se taisait. India est la folie orgueilleuse des hommes qui se déchirent au nom d'une foi, elle s'enivre de toutes les substances illicites avant d'être enfin sauvée par son père, Max le bien-aimé, le bel aventurier, le chevalier blanc.
Kashmira est cette Inde qui se reconciliera avec elle-même, une fois la folie passée. Le Cachemire demeure, malgré la partition qui voile des femmes qui ne connaissaient pas de prison, un rêve de tolérance et d'ouverture. Le Cachemire demeure le pays des troupes de clowns qui divertissaient par leurs pitreries et leurs acrobaties les villageois et les princes. Il demeure le pays qui possédait ses artistes culinaires, ceux qui savaient préparer les délicats trente-six plats des fêtes princières et villageoises. Le Cachemire indissociable des abeilles, des femmes et des vergers, de ces douceurs de la vie et de la culture. Un théâtre de rue ruisselant de gouaille et de rires, d'insouciance et de poésie.
Salman Rushdie semble nous dire qu'après l'obscurité et l'obscurantisme, la lumière revient toujours éclairer les survivants et leur donner des raisons de ne cesser d'espérer. L'Histoire est un cycle qui apporte à chaque tour de roue une clé pour comprendre cet étrange animal qu'est l'homme, porteur d'ombre et de lumière.
18 mai 2007
Je suis né un jour bleu
C'est un livre dont la traduction française va paraître à la mi-juin.
Version originale ici.
Aussi surprenant que cela paraisse, il s'agit de l'autobiographie d'une personne autiste, mais cette personne arrive à analyser le fonctionnement de son cerveau.
L'auteur, Daniel Tammet, est atteint d'une forme particulière d'autisme qu'on appelle le syndrome d'Asperger.
Vous pouvez lire déjà plus d'infos sur l'auteur ici ainsi que sur son site officiel "Optimnem".
16 mai 2007
Pour cette été,
je propose :
- La cinquième montagne de Paolo Coelho (dans ma pile "à lire")
- L'amant de Maguerite Duras (dans ma pile "à lire")
- Le pur et l'impur de Colette (dans ma pile "à lire")
- Les fourmis de Bernard Werber (J'ai adoré !)
- Le chat dans un cercueil de Mariko Koike (dans ma liste "à lire")
- Le pigeon de Patrick Süskind (j'ai adoré)
- La contrebasse de Patrick Süskind (j'ai adoré)
- Les prodiges de la vie de Stefan Zweig (j'ai adoré)
Les petits commentaires sont juste là pour préciser si oui ou non j'ai lu ces livres.
Pour la sélection des deux mois derniers, je n'ai pas du tout réussi à m'accrocher à l'histoire... Je me suis arrêté à une 40ne de pages...
Nouvelle sélection en préparation...
Bonjour à tous ! Mai touche à sa fin et notre sélection d'Avril-Mai également. Que ça passe vite ! Les commentaires sur les livres n'ont pas été très présents mais l'important c'est que chacun ait pu trouver lecture à son goût et découvrir tel ou tel auteur. Pour la prochaine sélection je vous propose de se lancer dans les lectures de vacances et de faire une sélection assez exhaustive de livres pouvant être lu pour se détendre au soleil ou sous la pluie, on ne sais ce qui va nous tomber dessus !!! A vos idées, vos propositions. Un vote sera organisé pour une sélection de 5-6 livres pour l'été (Juin-Juillet-Aout). Qu'en pensez-vous ? Etant en plein déménagement je ne sais pas trop si la connection sera réétablie avant fin Mai et je veux bien que quelqu'un s'occupe du message du vote et du résultat. On se donne jusqu'à la fin Mai pour les propositions et on vote dans la première semaine de Juin, ok ?
11 avril 2007
Si si, j'suis toujours là !!!
Je suis désolée les filles mais en ce moment je vous lache un peu.... ben oui, certaines m'ont fait découvrir Patricia Cornwell et le Dr Kay Scarpetta et j'ai tellement adoré le premier que j'ai entrepris de les lire les uns après les autres dans l'ordre s'il vous plaît !!! j'en suis au 4ème volume..... bonne lecture à vous
laurence
05 avril 2007
Livre d'Avril-Mai
Voilà la sélection pour les prochains mois.
Nous n'avons été que 8 à voter, peut-être que les autres membres sont un peu débordé, mais bon voilà la proposition. Evidemment les autres propositions sont alléchantes et peuvent être lues et discutées, évidemment.
Bonne lecture à tous !
28 mars 2007
Faites votre choix !!!
Mille excuses pour cette longue absence, mais le mois de Mars a été plutôt vaqué par chez moi. Du coup je n'ai pas trop pris le temps de me plonger dans toutes les propositions faites pour les 2 prochains mois. Reprenons et votons, si vous le voulez bien.
1. Shalimar le clown, de Salman Rushdie
2. Mon nom est rouge de Pamuk
3. Le postier de Bukowsky
4. Kitchen de Banana Yoshimoto
5. Une île sous le vent de Barbara KINGSOLVER
Pour avoir els infos sur les livres cliquer sur les titres des livres qui renvoient directement aux commentaires des sélectionneurs. Nous nous donnons jusqu'au milieu de la semaine prochaine pour voter, comme cela ça laisse du temps ! Encore pardon pour ce retard !!
18 mars 2007
Une île sous le vent
de Barbara KINGSOLVER.

J'ai adoré "Un été prodigue" du même auteur et j'ai très envie de lire un autre de ses livres.
Je propose celui-ci pour avril-mai. Il s'agit d'un recueil de nouvelles.
"Une petite fille écoute sa grand-mère cherokee lui raconter le monde ; une mère et sa fille se rapprochent en se découvrant toutes deux enceintes ; une jeune voleuse assiste à un cambriolage aux conséquences désastreuses. En douze nouvelles tendres et drôles, Barbara Kingsolver nous livre un hymne au bonheur de vivre en reprenant ses thèmes de prédilection : défense de la nature, souci des enfants, sagesse des Indiens, fragilité et force des femmes."
15 mars 2007
Kitchen
Pour les mois d'avril et mai, je vous propose :
Kitchen de Banana Yoshimoto (Maiko Yoshimoto de son vrai nom)
Je suis en train de le lire et il me plait vraiment beaucoup !
"Que faire à vingt ans, après la mort d'une grand-mère, quand on se retrouve sans famille et qu'on aime les cuisines plus que tout au monde ? Se pelotonner contre le frigo, chercher dans son ronronnement un prélude au sommeil, un remède à la solitude.
Cette vie semi-végétative de Mikage, l'héroïne de Kitchen est un jour troublée par un garçon, Yûichi Tanabe, qui l'invite à partager l'appartement où il loge avec sa mère. Mikage s'installe donc en parasite chez le Tanabe : tombée instantanément amoureuse de leur magnifique cuisine, elle est aussi séduite par Eriko, la "mère" de Yûichi. Eriko, personnage ambigu et pur, transsexuel à la beauté éblouissante, qui, traversant le révit comme un soleil éphémère, va bientôt mourir à son tour d'une mort violente..."
Dommage que ce résumé en dise autant... mais je vous le conseille, c'est très bien écrit et très plaisant à lire.